. Merci à Ent'revues.

. Merci à Éric Dussert et Cairn.info

Chronique intialement parue ici.

 

Chats de Mars Livret noir de poésie et mandala trimestriel

Sous-titrée « livret noir de poésie et mandala trimestriel », la revue Chats de mars se présente sobrement sous la forme d’un carré couvert de carte noire et estampillée à la japonaise, mais en blanc, d’un petit dessin circulaire. Ce dessin représente naturellement un chat. Il est le tenancier qui accueille à son enseigne, comme dans une auberge sympathique les écrits variés d’auteurs bigarrés, poètes essentiellement, le plus souvent inconnus des bataillons de libraires armés de leurs lecteurs d’isbn. Si l’on en croit les mentions publiées au terme de chaque livraison – six numéros pour l’heure –, il semble que le point commun de ces créateurs en devenir, au-delà du fait qu’ils ont été réunis par le meneur de revue, Julien Boutreux, soit la provenance d’une partie de leurs écrits. Les adresses électroniques dévoilées systématiquement en fin de numéro indiquent que beaucoup d’entre eux disposent d’un blog pour chambre d’écho première, lieu d’expression où, sans doute, leurs proses et vers ont été repérés. Les Chats de mars seraient donc le lieu d’inscription d’écrits entrés en virtualité alors qu’ils naissaient et soudain posés sur la page blanche, mis sur support comme pourraient le dire les adeptes des « humanités numérique »… C’est, dans certains cas peut-être, une nouvelle expérience de lecture pour des textes déchiffrés d’abord sur écran. Comme ceux d’Heptanes Fraxion dont le nom circule depuis quelque temps déjà dans les replis du web. Largement illustrés, les Chats de mars fonctionnent donc comme une revue anthologique, et sa collecte initiée en janvier 2017 (6 livraisons à ce jour) offre aujourd’hui un ensemble respectable de textes qui valent d’être lus, ne serait-ce que pour la variété d’inspirations qu’ils soulignent et les thématiques qu’ils abordent : il y a tout un monde entre les litanies à la Ghérasim Luca de Serpil Çökelik et les vers soufflés comme du verre de Laurence Skivée, poète minimaliste qui revêt parfois le kimono de la haïjin :

« Dans les plis de mon enfance

Depuis la fenêtre

L’herbe est mon public. »

Discrets, simples, les Chats de mars ont la délicatesse des félins qui œuvrent nuitamment et dont, au matin, on découvre les travaux.

Éric Dussert

. Merci à Pascale Goze des éditions Lunatique pour les pages consacrées à la présentation de Chats de Mars dans le n°12 du Cafard hérétique.

. Merci à Claude Vercey et au site de la revue Décharge.

. Merci à Ingrid S. Kim – son blog ici.